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L’apparition du premier idiome germanique

C'est sans doute de cette époque lointaine que date l'apparition d'un premier idiome germanique, ancêtre probable et une des composantes du flamand actuel(1). Il est plus que vraisemblable en effet que ces tribus belges, venues des confins de la Mer du Nord, d'au-delà du Rhin, comme l'affirment tous les auteurs de l'Antiquité, avaient conservé les idiomes germaniques de leurs contrées d'origine !

Ces parlers germaniques se maintiendront plusieurs siècles dans toute la Région(2), et même selon certains auteurs jusqu'à la Seine. Ils seront confortés par les infiltrations continues venues des rivages nordiques, puis considérablement renforcés à partir des grandes invasions germaniques du Ve siècle.

Ces parlers thiois ou diets subsistaient encore au nord d'une ligne Etaples/Staple - Montreuil/Monsterhole - Béthune/Betun - Lille/Rijsel au VIIe siècle (cartes 3 et 4).

Il en reste aujourd'hui le dialecte flamand du Westhoek et les inflexions très germaniques caractérisant le picard et le wallon par rapport aux autres langues romanes.

Les Romains bouleverseront cette première répartition ethnique.

La soi-disant pax romana, autre légende colportée par la plupart des historiens, sera particulièrement barbare : génocide complet des Eburons qui vivaient dans l'actuelle Wallonie, et dont le nom disparaîtra de l'Histoire, extermination partielle des Nerviens, transferts massifs de population, mises en esclavage, levées de troupes, décimations, mise en coupe réglée de l'économie au service de Rome, crucifixion des rebelles, etc.

Les zones ainsi vidées de leurs habitants seront comblées par d'importantes colonies déportées de la Germanie voisine (Tongres et Toxandrie notamment). Ce sont ces Germains, rapidement latinisés au contact de l'important réseau des garnisons romaines d'occupation, qui donneront naissance au wallon.



Note 1 : Le flamand serait antérieur de plusieurs siècles à l'arrivée des Francs Saliens. Ces derniers parlaient un dialecte moyen allemand, le francique, qui laissera peu de traces dans la langue autochtone, alors que les dialectes flamands sont apparentés au bas allemand, ou platt deutsch, pratiqué de Duinkerke/Dunkerque jusqu'à Königsberg (carte 4). Les Francs moins nombreux se mélangeront rapidement avec les peuples vaincus et ne chercheront pas à imposer leur langue. Ils adopteront très tôt le latin, langue de l'Eglise et du Pouvoir, et contribueront paradoxalement à la romanisation précoce de la région (parlers picards et wallons)

Note 2 : Les plus anciens textes en langue « thioise » ou néerlandaise, ont été rédigés dans notre Région. Il s'agit du Ludwigslied, rédigé à l'abbaye de St Amand au IXe siècle et conservé à la bibliothèque de Valenciennes, et d'une traduction des évangiles datée de 831, trouvée à l'abbaye de St Riquier, sur la Somme, soit dans la partie la plus méridionale des Grands Pays-Bas!

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