Périodiquement, une partie de la France descend dans la rue, dans l'incompréhension totale des autres pays européens, bien obligés de constater que ce pays est difficilement gouvernable et que toute réforme y est quasiment impossible. Voici ce qu'écrivait à ce sujet un observateur autorisé: « En France, Il n'est pas étonnant que le cycle national du changement qui s'impose à la société soit un cycle comprenant dans l'ordre :
- une attaque technocratique brillante et rigoureuse, mais aveugle et maladroite
- une défense opiniâtre des intéressés également aveugle, mais mobilisant les sentiments de l'opinion jusqu'à l'extrême limite du sentimentalisme
- la réussite d'un chantage sans vergogne d'autant plus efficace qu'il a l'appui de l'opinion
- une négociation aveugle dont les résultats aléatoires ne sont même pas vraiment utiles aux intéressés »
Ces lignes ne sont pas celles d'un journaliste politique de 2006, mais du sociologue Michel CROZIER au lendemain de la crise de 1968 (Michel CROZIER : La société bloquée -1970). Crozier ajoutait dans sa percutante démonstration : « la crise, comme moyen privilégié du changement, constitue le trait culturel essentiel qui conditionne le style d'action collective auquel sont attachés les Français »
La comparaison avec la crise du CPE se passe de longs commentaires. L'Etat parisien - parce que c'est bien comme ça qu'il faut appeler ce pays- n'a pas changé d'un iota dans son fonctionnement en 40 ans ! La décentralisation est une mascarade mise en place pour sauver les apparences tout en renforçant le système.
Et ce n'est pas une histoire « droite - gauche » ! Ce système bureaucratique est consubstantiel au jacobinisme, largement partagé par nos dirigeants, par les organisations syndicales mais aussi par de larges couches d'une population soigneusement dressée et conditionnée depuis le plus jeune âge à l'assistanat !
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