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Ce qui symbolise le mieux la Région ? Les beffrois (32%), les moules-frites (32% ex æquo), un terril (30%), le patois (25%) et Euralille (11%). Curieusement, on s'enthousiasme pour le patois dans la mesure où il a presque totalement disparu (ce qu'il en reste est un mélange de patois et de français) par l'effet d'une politique séculaire d'oppression. Ne soyez pas choqués, c'est le mot juste. Idem du flamand dont l'enquête ne parle même pas (le Quotidien est « régional » mais pas trop, quand au Gaz, il est « de France »).
Les principales qualités des habitants sont d'être travailleurs (73%) et conviviaux (66%). Certes.
Mais quelles sont leurs préoccupations ? Leur santé (50%), leur famille (46%), le coût de la vie (37%), le chômage (30%), l'insécurité (25%), la pollution (21%).
Lille à une heure de Paris en TGV, c'est, pour 61%, un avantage car cela facilite les échanges, et pour 33% un handicap car les entreprises et la main d'œuvre préfèrent s'installer en Ile-de-France.
L'élargissement de l'Union Européenne à 25 est, pour 50% « pas une bonne chose » et pour 45% « une bonne chose ». Au fait, on n'en sait encore rien, sinon que c'est un pari risqué.
Une grande majorité est satisfaite des équipements sociaux (65%), de la vie culturelle (81%), des établissements scolaires et universitaires (81%), des activités sportives et de loisir (86%), des espaces verts (76%), de l'accès aux soins (80%), des liaisons routières (78%) ou des transports publics (75%).
Dans l'avenir, la métropole lilloise ne doit pas prendre plus de poids pour 53%, mais doit prendre plus de poids pour 41%. Les embouteillages ont un bel avenir.
Surprise (mauvaise) concernant l'organisation territoriale de la région : 13% seulement sont pour le regroupement des 2 départements, et 6% sont pour un redécoupage en quatre départements Flandre-Artois-Hainaut-Littoral, qui aurait l'avantage de restituer nos vrais noms (Littoral étant le Boulonnais). Ces choix certes différents mais que nous pourrions appeler « régionalistes » ne rassemblent donc que 19% des sondés. 64% ne veulent rien changer (le message récurrent de nos élus est donc bien passé).
Pas changer de nom non plus : Nord-Pas-de-Calais (Norpadcalé !) a les faveurs de 80% des sondés. Flandre-Artois-Hainaut ne recueille que 8%, et notre bonne vieille appellation de Pays-Bas français n'est même pas proposée ! L'horrible Hauts de France recueille 6%, mais son pendant Basse Flandre (pourquoi pas ?) n'est pas proposé.
51% ne sont plutôt pas (29%) ou pas du tout (22%) satisfaits de la politique d'immigration, tandis que 37% en sont plutôt satisfaits et 5% très satisfaits. Y aurait-il 5% de patrons dans l'échantillon ?
En ce qui concerne la création d'emplois, la situation est très satisfaisante (3%), plutôt satisfaisante (16%), plutôt pas (46%) ou pas du tout satisfaisante (32%). Dur-dur.
Résumons nous : nos compatriotes subissent le chômage, la précarité, l'insécurité, la pollution, l'immigration, la disparition de leur patois, un nom de région ridicule dont ils ne veulent pas changer, ils ambitionnent d'aller travailler à Euralille ou à Paris, et de tout ça ils sont fiers. Surtout les jeunes. Ce qui déclenche une vive réaction de Bruno Bonduelle, président de North France Expert (fier, lui... de parler anglais) : « Si les jeunes aiment notre région, il faut se demander pourquoi 20 000 d'entre eux la quittent chaque année, et malheureusement il s'agit de gens diplômés ou de jeunes talents » (23/01/04).
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