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De l'impuissance de l'Etat au redéploiement européen |
L'intervention des pouvoirs publics était indispensable au traitement de difficultés qui dépassaient alors les forces économiques et les moyens propres à la Région. On créa alors les « primes à la création d'emplois » épaulées par des aides des Fonds Européens de Développement Régional (FEDER).
En 1984, devant des résultats décevants, trois pôles de conversion furent lancés : Calais-Dunkerque (Kales-Duinkerke), bassin minier et Valenciennois, et Vallée de la Sambre (Avesnois). Ces pôles s'appuyèrent sur des entreprises publiques comme la Finorpa (financière Nord-Pas-de-Calais) ou la Sodinor. Enfin en 1990, deux zones d'investissement privilégiées, bassin minier et Avesnois, offrirent de larges exonérations fiscales aux entreprises désireuses de s'y installer. Ces politiques d'inspiration dirigiste (cf les NEP de Chine) permirent un temps de limiter le chômage et la désindustrialisation massive, mais elles restaient empreintes d'immobilisme structurel (développement volontariste de l'industrie automobile - Simca en 1969, PSA puis Renault et Toyota en 2001- comme substitut aux charbonnages.) Dans le Dunkerquois, le processus fut le même : on implanta Usinor, puis Péchiney qui bénéficia en 1986 d'une exemption d'impôt.
Depuis les années 60 le ministère de l'équipement et la DATAR réfléchissent aux perspectives d'avenir de notre Région. Ces réflexions, non suivies de faits, furent relancées en 1982 à l'occasion des lois de décentralisation qui offrirent de nouvelles responsabilités économiques aux régions. Les 4 plans successifs élaborés à l'échelon de la Région depuis 1982, épaulés par les contrats de plan Etat-Région et par les fonds structurels européens, amplifiés à partir de 1989, ont mobilisé des ressources croissantes en faveur du développement économique du Nord pas de calais. Dégagées de l'emprise de nos technocrates hexagonaux, les grandes orientations de ces programmes s'éloignèrent du soutien aux activités menacées. Les années 90 voient ainsi l'émergence d'objectifs visant à réinsérer la Région dans son espace historique traditionnel qu'est l'Europe du nord ouest.
Il a fallu attendre 30 ans après la publication du livre blanc de 1968, pour que le contrat de plan Etat-Région envisage notre Région comme « un espace stratégique de la France dans l'Europe du nord-ouest ». Nos bons marchands de la Hanse l'avaient déjà compris il y a plus de 500 ans !
La Région s'est donc dotée de l'espace autoroutier le plus dense du pays (après Paris bien entendu), mais l'essentiel - la prolongation de tous ces axes vers le réseau belge et celui de l'Europe du nord par Ostende/Oostend, Gand-Gent, Anvers-Antwerpen, Bruxelles/Brussels-Liège/Luik, Aix-la-Chapelle/Aachen - n'est pas encore atteint.
La seule innovation majeure à retenir réside dans la mise à niveau du réseau ferré combiné avec la mise en service d'eurotunnel. Elle imposa la Région et sa métropole, Lille/Rijsel, à l'intersection des axes de TGV reliant Paris/Parijs à Londres/London et Paris/Parijs à Bruxelles/Brussels, induisant ainsi de nouvelles activités (Euralille/Cité de l'Europe à Calais/Kales).
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