|
La crise déclenchée par les deux chocs pétroliers fut avant tout industrielle et affecta profondément notre Région aux structures économiques très vulnérables. L'Etat français, les institutions européennes et la Région se mobilisèrent vainement pour en limiter les effets les plus négatifs à travers une série d'actions sectorielles.
Depuis le milieu des années 80, c'est uniquement l'insertion de la Région dans l'espace économique nord européen qui représente l'axe stratégique de son renouveau.
Le « Nord-Pas-de-Calais » est la région de France que la crise des années 70-80 a probablement le plus profondément atteint.
La crise des industries lourdes était attendue, on pensait pouvoir la gérer sans rupture brutale. La crise de l'énergie et la mondialisation accélérèrent le processus de manière dramatique. L'implantation d'autres activités et le développement des services ne suffirent pas à compenser les pertes d'emplois : l'emploi régional est à l'heure actuelle, en valeur absolue, inférieur à ce qu'il était 50 ans plus tôt, alors que notre population a augmenté de 900 000 habitants.
 |
1 |
 |
Une crise industrielle majeure |
Entre 1973 et 1998, la Région perdit la moitié de ses emplois industriels, alors que la diminution fut d'un peu plus de 20% à l'échelle nationale. Si la Région est toujours, à la fin du XXè siècle, la 3eme région industrielle de France, sa part s'est réduite de 9,1% de l'emploi industriel français en 1975 à 6,7% de l'emploi en 1998.
Chaque année, de 1973 à 1996, ce furent une moyenne de 12 000 emplois industriels qui furent perdus. Cette crise structurelle fut le résultat de la volonté délibérée de l'Etat de conserver un secteur spécifiquement industriel dans la Région.
Le plan de relance du début des années 80 concernant les houillères fut un échec cinglant. Malgré les efforts des nostalgiques du « ch'timi mineur » à la Germinal, le secteur énergétique s'est effondré : le nombre d'emplois étant alors tombé à moins de 1000 contre 48 000 en 1973.
La sidérurgie et la métallurgie ont également payé un lourd tribut aux chocs pétroliers. La vallée de la Sambre (Avesnois/Avenne) et le Valenciennois/Valensijn furent les premiers touchés, le Dunkerquois un peu moins. L'industrie des non-ferreux et le verre ont mieux résisté. L'industrie automobile, implantée à la fin des années 60, et la construction électrique et électronique se sont mieux comportées en terme d'emploi. La construction navale, elle, a complètement disparu : un comble pour le peuple de marin que nous fûmes !
Autre victime du mondialisme, le secteur des biens de consommation a vu l'effondrement du secteur textile-habillement qui a perdu le 2/3 de ses effectifs entre 1973 et 1992, soit 88 500 emplois. Malgré les délocalisations, les grands groupes tels Prouvost ou la Lainière de Roubaix/Robeke furent démantelés.
Les effets de la crise furent extrêmement grave dans certaines zones : bassin minier touché à la fois par la crise charbonnière et sidérurgique, Avesnois (vallée de la Sambre : sidérurgie), Cambrèsis (Kamerijk), Roubaix/Robeke - Tourcoing.
Suite...
|